Sous la pression du Barreau et de plusieurs avocats, Maître Guelor Tusavuvu, membre du Barreau du Kongo Central, a été libéré dans la matinée de ce vendredi 31 octobre 2025. L’avocat avait été interpellé la veille en début de soirée et conduit à l’auditorat militaire supérieur de Matadi, où il a passé la nuit en détention
Selon des sources concordantes, son arrestation serait survenue à la suite d’un malentendu avec un inspecteur de l’auditorat supérieur. La procédure aurait toutefois été menée en violation des garanties statutaires accordées aux avocats dans l’exercice de leur profession. En effet, aucune autorisation préalable de la Bâtonnière du Barreau du Kongo Central n’aurait été sollicitée avant cette interpellation, comme l’exigent les textes régissant la profession d’avocat en République démocratique du Congo.
Dès les premières heures de la matinée de ce vendredi, de nombreux avocats se sont rassemblés devant les installations de l’auditorat militaire pour réclamer la libération de leur confrère. Une mobilisation qui a rapidement pris de l’ampleur, mettant en lumière la vive indignation de la corporation.
Dans un communiqué officiel, le Barreau du Kongo Central a dénoncé avec fermeté cette arrestation, la qualifiant d’« arbitraire ». Il a également dénoncé un « acte attentatoire à l’indépendance de la profession d’avocat et à l’État de droit », rappelant que le respect des garanties professionnelles est un pilier essentiel du système judiciaire congolais.
La libération de Maître Tusavuvu intervient ainsi dans un contexte de tensions croissantes autour du respect des droits et des prérogatives des avocats face aux autorités judiciaires et militaires. Le Barreau a annoncé qu’il suivra de près la suite de ce dossier, tout en appelant au respect strict des procédures légales en vigueur.
Jean LUYINDULA