L'information sûre en un clic

Kongo-Central : Greenpeace Afrique alerte sur les menaces qui pèsent sur les mangroves et les communautés de Muanda

Greenpeace Afrique a organisé, lundi 28 septembre 2026 à Matadi, une conférence de presse consacrée aux menaces qui pèsent sur le parc marin des mangroves de Muanda ainsi que sur les communautés de pêcheurs.

L’organisation environnementale a notamment présenté les témoignages recueillis auprès des habitants et des pêcheurs, faisant état, selon elle, des conséquences de la pollution des eaux liée aux activités pétrolières et de la destruction des mangroves.

Autour du thème « Alerte sur les menaces autour du parc marin de mangroves et sur les communautés des pêcheurs », quatre intervenants ont pris part à cette rencontre avec la presse. Parmi eux figuraient le country manager de Greenpeace Afrique, Georges Milumbu, le chargé de campagne Forêts, Bio Bonaventure Bondo, ainsi qu’un chef coutumier du territoire de Muanda.

Les échanges ont également porté sur les résultats d’une étude menée à Muanda et sur les propositions de plaidoyer adressées aux autorités afin de renforcer la protection de l’environnement et d’améliorer les conditions de vie des communautés locales.

Prenant la parole devant les journalistes, Georges Milumbu a insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre légal permettant aux populations de Muanda de bénéficier directement des ressources issues de l’exploitation pétrolière.

Selon lui, Greenpeace Afrique travaille sur une proposition de code pétrolier qui devrait notamment permettre une meilleure redistribution des revenus générés par l’exploitation du pétrole et du gaz.

« La population de Muanda n’a pas besoin de charité, elle a besoin de la justice », a déclaré Georges Milumbu.

Le responsable de Greenpeace Afrique estime que cette justice passe par la mise en place et l’application effective d’un cadre légal réformé, à l’image, selon lui, des mécanismes prévus dans le secteur minier.

L’organisation propose notamment que les communautés locales bénéficient d’une part des revenus issus de l’exploitation pétrolière, à travers notamment une redevance pétrolière et une contribution correspondant à 0,3 % du chiffre d’affaires des entreprises pétrolières, selon les propositions présentées par Greenpeace.

Pour Greenpeace Afrique, Muanda occupe une place particulière en République démocratique du Congo puisqu’il constitue le principal territoire concerné par l’exploitation pétrolière du pays. L’étude présentée à Matadi vise ainsi à documenter les préoccupations exprimées par les populations locales et à alimenter le plaidoyer en faveur d’une réforme du cadre légal applicable au secteur.

L’organisation affirme par ailleurs avoir engagé des échanges avec les entreprises pétrolières opérant dans le secteur ainsi qu’avec différents acteurs institutionnels.

« Nous ne travaillons pas en solo. Nous avons pris l’option de faire participer tout le monde », a expliqué Georges Milumbu, citant les entreprises, les représentants du gouvernement ainsi que les autorités locales et coutumières.

Au-delà de la question du partage des revenus pétroliers, la conférence a mis en avant les préoccupations environnementales et sociales exprimées par les habitants de Muanda et les pêcheurs.

Les témoignages recueillis par Greenpeace Afrique font état, selon l’organisation, de difficultés auxquelles seraient confrontées les communautés de pêcheurs en raison de la pollution des eaux et de la dégradation des mangroves.

Ces écosystèmes jouent un rôle important pour les communautés riveraines, notamment dans les activités de pêche, tout en constituant des zones essentielles pour la biodiversité et la protection du littoral.

Face à ces préoccupations, Greenpeace Afrique appelle à une intervention accrue des pouvoirs publics afin de mieux protéger les mangroves et les droits des communautés vivant autour de ces espaces.

En conclusion de son intervention, Georges Milumbu a appelé les populations à mieux connaître leurs droits et à demander des comptes aux autorités et aux entreprises impliquées dans l’exploitation des ressources naturelles.

« La population doit retenir qu’elle doit demander des comptes aux autorités et aux entreprises », a-t-il déclaré.

Pour Greenpeace Afrique, la connaissance du projet de réforme du cadre légal sur le pétrole doit permettre aux communautés de mieux comprendre leurs droits et les mécanismes à utiliser pour interpeller les autorités, tant au niveau local que national.

L’organisation entend ainsi poursuivre son plaidoyer auprès du gouvernement et des autres parties prenantes afin que les communautés de Muanda puissent bénéficier davantage des ressources exploitées sur leur territoire, tout en renforçant la protection du parc marin des mangroves.

Jean LUYINDULA

Laisser un commentaire