Lors de la finale de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des Nations, disputée au Maroc, l’arbitrage de Jean-Jacques Ndala a cristallisé débats et passions. Dans un match d’une intensité extrême, l’officiel congolais a pourtant fait preuve d’une maîtrise et d’une équité qui méritent d’être soulignées.
La finale de la CAN 2025 restera longtemps gravée dans les mémoires, tant par son intensité que par les polémiques arbitrales qu’elle a suscitées. Au centre de toutes les attentions : Jean-Jacques Ndala. L’arbitre international congolais, rompu aux grandes affiches du football africain, a dû gérer une rencontre électrique, où chaque décision pesait lourdement sur l’issue du match.
L’action la plus commentée demeure celle du « premier but » sénégalais. Une séquence qui, à tort, continue d’être qualifiée de but annulé. Or, les images et le langage corporel de l’arbitre sont sans équivoque : Jean-Jacques Ndala avait bel et bien sifflé la faute avant que le ballon ne termine sa course au fond des filets marocains. Son geste, immédiatement orienté dans la direction opposée à la surface marocaine, ne laissait planer aucun doute. Il ne s’agissait nullement d’une validation suivie d’un retour en arrière, mais bien d’un but refusé dans le respect strict des lois du jeu.
Cette nuance, essentielle sur le plan réglementaire, a pourtant alimenté une vive controverse. Du côté sénégalais, de nombreux supporters estiment que l’arbitre aurait dû consulter le VAR, notamment pour examiner une éventuelle simulation d’Achraf Hakimi, accusé de s’être jeté sur la pelouse et d’avoir ainsi influencé la décision. Ils reprochent également à Ndala d’avoir eu recours à l’assistance vidéo plus promptement dans des situations favorables au Maroc.
Cependant, sur le plan strictement arbitral, la procédure est claire : lorsqu’une faute est sifflée avant la conclusion d’une action, le VAR ne peut intervenir pour réévaluer une situation qui, juridiquement, n’a jamais abouti à un but. En ce sens, la décision de Jean-Jacques Ndala s’inscrit pleinement dans le cadre réglementaire, indépendamment des frustrations qu’elle a pu engendrer.
Au-delà de cette action controversée, l’arbitre congolais a su conserver une ligne de conduite cohérente tout au long de la rencontre. Gestion des temps forts, dialogue avec les joueurs, autorité sans excès : dans un contexte de tension extrême, Ndala a fait preuve d’un sang-froid remarquable. Ses décisions, parfois impopulaires, ont été prises avec constance et sans céder à la pression du public ou des bancs de touche.
Dans une finale où la passion prenait souvent le pas sur la raison, Jean-Jacques Ndala a incarné ce que l’arbitrage moderne exige de mieux : de la sérénité, de l’équité et une fidélité scrupuleuse aux règles du jeu. Si la polémique fait partie intégrante du football, elle ne doit pas occulter l’essentiel. Hier soir, l’arbitre a tenu son rôle avec dignité et professionnalisme, contribuant à préserver l’intégrité sportive d’un rendez-vous majeur du football africain.
En définitive, au-delà des débats et des émotions, l’arbitrage de Jean-Jacques Ndala lors de cette finale de la CAN Maroc 2025 mérite d’être salué, tant pour sa rigueur que pour sa gestion humaine d’un match hors norme.
Jean LUYINDULA