La séance plénière de clôture de la session ordinaire de septembre 2025 de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central, initialement programmée pour ce mardi 30 décembre 2025, n’aura finalement pas lieu. L’annonce a été faite à travers un communiqué officiel signé le lundi 29 décembre 2025 par le rapporteur de l’organe délibérant, l’honorable Billy Ntunga Zenga.
Dans ce document adressé aux députés provinciaux, le bureau de l’Assemblée évoque des « raisons techniques et administratives », sans fournir davantage de précisions. Une décision qui soulève de nombreuses interrogations quant à la régularité de la clôture de la session parlementaire de septembre 2025 avant l’ouverture des vacances parlementaires.
La question centrale reste posée : un simple communiqué suffit-il juridiquement à clôturer une session ordinaire, en l’absence d’une séance plénière formelle ?
Il convient de rappeler que l’avant-dernière plénière, prévue le lundi 29 décembre 2025, n’avait déjà pas pu se tenir en raison du manque de quorum.
« Il n’y a pas eu plénière conformément à l’article 63 de notre règlement intérieur, puisque le quorum n’a pas été atteint. Il n’y avait que quatre députés provinciaux présents dans la salle, sur les 38 ou 39 que compte l’Assemblée provinciale »,
a expliqué l’honorable Billy Ntunga Zenga à la presse.
Selon le rapporteur, les absences ont été justifiées par divers motifs avancés par les élus concernés, notamment des raisons de santé, mais aussi des contraintes logistiques et financières.
Par ailleurs, l’élu de Madimba est revenu sur la question sensible du moratoire suspendant les motions contre les gouverneurs, vice-gouverneurs et les membres des bureaux des assemblées provinciales, décidé dans le contexte sécuritaire actuel du pays.
« Nous sommes les premiers à nous être engagés à respecter ce moratoire. La commission politique, administrative et juridique (PAJ) a déjà reçu la mission du président du bureau pour travailler sur le texte que l’Assemblée provinciale va voter, parce que nous sommes respectueux des instructions du chef de l’État »,
a-t-il déclaré.
Ce moratoire découle d’une instruction du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à garantir la stabilité des institutions provinciales en cette période de guerre que traverse la République démocratique du Congo, suite à l’agression imposée par le Rwanda et ses supplétifs du M23 et de l’AFC.
Cependant, près de deux mois après la transmission officielle de cette instruction aux provinces par le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani Lukoo, aucune avancée concrète n’avait été observée au sein de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central.
Cette situation avait alimenté des spéculations dans l’opinion publique, certains y voyant un refus implicite des députés provinciaux d’adhérer à la volonté du chef de l’État, perçue comme une mesure de sauvegarde de la cohésion institutionnelle face aux crises sécuritaires.
Les déclarations de l’honorable Billy Ntunga Zenga relancent désormais une autre interrogation majeure : quand la commission PAJ finalisera-t-elle le texte du moratoire, et à quelle date celui-ci sera-t-il soumis au vote des élus provinciaux, alors même que la plénière de clôture de la session de septembre a été reportée à une date non précisée ?
Dans ce contexte d’incertitude institutionnelle, la convocation éventuelle d’une session extraordinaire comme le prévoit la loi, apparaît comme la seule voie susceptible d’apporter des réponses claires à ces multiples préoccupations.
Jean LUYINDULA