Depuis sa cellule à Kinshasa, l’ancien ministre de la justice et garde des sceaux Constant Mutamba a adressé une lettre bouleversante à ses enfants, mêlant confidences personnelles et dénonciation politique. Ce document, daté du 9 novembre, a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suscitant de vives réactions
Dans cette correspondance, l’ex-membre du gouvernement affirme être victime d’un acharnement politique et judiciaire orchestré, selon lui, par des réseaux mafieux déterminés à l’éteindre politiquement et physiquement . Il dit avoir survécu à plusieurs tentatives d’empoisonnement et déplore ses conditions de détention qu’il juge inhumaines, notamment l’impossibilité d’accéder à ses médecins alors que son état de santé se dégraderait de jour en jour.
« Ils croient m’humilier, mais ils humilient plutôt la République, l’Afrique et la fonction que j’ai assumée avec responsabilité, courage, équité et patriotisme », écrit-il à ses enfants.
Mutamba estime que sa condamnation symbolise l’acte de décès de la justice dans le pays, dénonçant un système judiciaire à deux vitesses, au service des plus forts.
S’adressant directement à sa famille, il exhorte ses enfants à demeurer disciplinés, à poursuivre leurs études et à préserver les valeurs familiales et patriotiques.
« Soyez forts, mes enfants. C’est le chemin rocailleux de la lutte pour une justice équitable dans notre pays », poursuit-il.
L’ancien ministre dit assumer « avec honneur et dignité le prix de son engagement, qu’il considère comme une contribution à la construction d’un État de droit et d’un continent africain plus juste.
Cette lettre intervient alors que Constant Mutamba conteste toujours la légalité de sa détention, qu’il estime motivée par des considérations politiques. Ses proches dénoncent également une procédure entachée d’irrégularités et réclament sa libération immédiate.
Baby MOSHA