Les États-Unis ont décidé de suspendre, pour une durée indéterminée, le traitement des demandes de visas en provenance de 75 pays. Selon les informations disponibles, cette mesure entrera en vigueur à compter du 21 janvier et restera applicable jusqu’à ce que le Département d’État américain procède à une réévaluation complète de ses procédures consulaires.
La suspension concerne en priorité les visas d’immigrants, notamment ceux menant à l’obtention de la carte verte. Elle pourrait également affecter certains visas temporaires, parmi lesquels les visas de tourisme et d’affaires (B-1/B-2), les visas étudiants (F et M) ainsi que les visas d’échanges culturels (J). Des exceptions sont toutefois prévues, notamment pour les diplomates, les cas humanitaires et les situations relevant des intérêts nationaux américains.
Une liste de 75 pays concernés
Au total, 75 pays sont visés par cette suspension. La liste couvre plusieurs régions du monde, dont l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie, l’Europe de l’Est, les Caraïbes et l’Amérique latine. Parmi les pays concernés figurent notamment l’Afghanistan, l’Algérie, le Brésil, Cuba, l’Iran, le Nigeria, le Pakistan, la Russie, la Syrie, la Tunisie ou encore Haïti.
Pour le continent africain, de nombreux États sont inclus, tels que le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Éthiopie, le Ghana, le Maroc, le Sénégal, la Somalie, le Soudan et le Togo, entre autres.
Pourquoi certains pays africains ne figurent pas sur la liste ?
L’absence de plusieurs pays africains de cette liste s’expliquerait par différents facteurs avancés par les sources proches du dossier. Ces pays présenteraient soit une stabilité politique et institutionnelle jugée satisfaisante, soit une faible pression migratoire vers les États-Unis, soit encore des relations diplomatiques et économiques stratégiques avec Washington.
Parmi les pays considérés comme économiquement stratégiques, figureraient notamment l’Afrique du Sud, l’Angola, le Mozambique et Madagascar, en raison de leurs échanges commerciaux et de leurs partenariats avec les États-Unis.
D’autres États, bien que politiquement sensibles ou confrontés à des tensions internes — comme le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Tchad ou la République centrafricaine — ne seraient pas directement concernés par le gel actuel, leurs situations ne correspondant pas aux critères retenus pour cette suspension.
Stabilité, coopération et faible pression migratoire
Certains pays africains seraient également épargnés en raison de leur stabilité relative, d’une coopération sécuritaire et administrative jugée efficace, ainsi que d’un faible taux de demandes de visas ou de dépassements de séjour. C’est le cas, selon ces informations, du Bénin, du Gabon, du Botswana, de la Namibie, de la Zambie, de Maurice ou encore des Seychelles.
D’autres États, comme les Comores, Sao Tomé-et-Principe, le Lesotho, l’Eswatini et le Malawi, présenteraient une pression migratoire très limitée vers les États-Unis, avec une diaspora réduite et peu de demandes de visas.
Une décision aux conséquences importantes
Cette suspension, si elle est maintenue dans la durée, pourrait avoir des conséquences majeures pour les familles, les étudiants, les travailleurs et les candidats à l’immigration issus des pays concernés. Elle risque également d’affecter les échanges universitaires, culturels et économiques entre les États-Unis et ces nations.
À ce stade, aucune date précise n’a été avancée quant à une éventuelle reprise normale du traitement des visas. La situation reste donc suspendue à la réévaluation annoncée par les autorités américaines, dans un contexte international marqué par des enjeux migratoires, sécuritaires et diplomatiques croissants.
Jean LUYINDULA