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60ᵉ Journée de l’alphabétisation : depuis Kenge, Ève Bazaiba appelle à un programme national contre l’analphabétisme

À l’occasion de la 60ᵉ Journée internationale de l’alphabétisation, le gouvernement a choisi Kenge, chef-lieu du Kwango, pour porter un message clair : la lutte contre l’analphabétisme doit désormais se vivre au plus près des communautés. La ministre d’État aux Affaires sociales, Ève Bazaiba, appelle le gouvernement à élaborer un programme spécifique pour éradiquer ce phénomène.

Loin des salles de conférences de Kinshasa, c’est à Kenge, dans la province du Kwango, qu’a été donné, le mardi 8 septembre, le coup d’envoi officiel des activités marquant la 60ᵉ édition de la Journée internationale de l’alphabétisation.

Un choix qui n’est pas anodin pour Ève Bazaiba. La ministre d’État en charge des Affaires sociales veut rapprocher les politiques publiques de celles et ceux qui en sont les premiers bénéficiaires.

« Nous avons voulu territorialiser la célébration de la Journée internationale de l’alphabétisation, sortir progressivement des salles de conférences et nous rapprocher des personnes auxquelles nos politiques publiques sont destinées », a-t-elle expliqué.

Un programme national réclamé

Au-delà de la célébration, la ministre d’État a profité de cette journée pour interpeller le gouvernement sur la nécessité de mettre en place un programme spécifique consacré à l’éradication de l’analphabétisme.

Pour Ève Bazaiba, il ne s’agit pas seulement d’un engagement politique, mais d’une obligation inscrite dans la Constitution.

« La Constitution de la République précise que l’éradication de l’analphabétisme est un devoir national et que le gouvernement doit élaborer un programme spécifique à cet effet », a-t-elle rappelé.

Cette démarche, a-t-elle poursuivi, s’inscrit également dans les engagements internationaux et régionaux de la RDC, notamment l’Objectif de développement durable, l’Agenda 2063 de l’Union africaine et les orientations continentales en matière d’éducation et de formation.

Elle rejoint aussi, selon elle, la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui fait du développement du capital humain et de l’accès aux services sociaux de base des priorités de son mandat.

Identifier ceux qui restent en marge de l’école

Depuis Kenge, Ève Bazaiba a lancé un appel aux autorités provinciales et territoriales.

Elle les invite à transformer cette célébration en une mobilisation durable, notamment en identifiant les enfants en dehors du système scolaire, en renforçant les structures d’alphabétisation et d’éducation non formelle et en accompagnant davantage les éducateurs sociaux.

L’objectif est également de rapprocher les offres éducatives des communautés, particulièrement dans les zones où l’accès à l’éducation reste difficile.

Lire, écrire et compter ne suffisent plus

L’alphabétisation, aujourd’hui, dépasse largement l’apprentissage des notions de base.

« L’alphabétisation ne consiste plus seulement à savoir lire, écrire et compter », a insisté la ministre d’État.

Elle doit également donner à chacun les moyens de comprendre son environnement, de faire des choix, de produire, de participer à la vie de sa communauté et de s’adapter aux mutations de la société.

Dans un monde de plus en plus marqué par le numérique, elle doit aussi permettre aux citoyens de maîtriser les nouveaux outils, de protéger leur environnement et de contribuer au développement collectif.

Cette 60ᵉ Journée internationale de l’alphabétisation est plus qu’une simple commémoration : un appel à l’action pour que personne ne reste définitivement en marge du savoir.

Baby MOSHA

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