Marie-Rose Kasa-Vubu Kiatazabu Kukana, fille aînée du premier président de la République démocratique du Congo, Joseph Kasa-Vubu, est décédée le samedi 17 janvier 2026 dans la capitale, à l’âge de 81 ans. Avec elle disparaît une figure discrète mais essentielle de la mémoire politique congolaise.
Tout au long de sa vie, Marie-Rose Kasa-Vubu s’est imposée comme la gardienne vigilante d’un héritage fondé sur la dignité, l’intégrité et la souveraineté nationale. Fille du premier chef de l’État congolais (1960-1965), elle a consacré une grande partie de son existence à préserver et transmettre la mémoire de son père, rappelant sans relâche les valeurs de rigueur morale et d’éthique politique qui ont marqué l’ère Kasa-Vubu.
Pour de nombreux observateurs, elle incarnait une véritable continuité historique. Sans jamais chercher la lumière ni instrumentaliser un nom lourd de symboles, elle portait avec sobriété et constance l’héritage d’une famille devenue, au fil des décennies, un repère moral dans l’histoire politique du pays.
Profondément attachée à ses racines du Mayombe, Marie-Rose Kasa-Vubu demeurait une figure influente et respectée au sein de la province du Kongo Central. Son ancrage local était indissociable de son identité et de son engagement.
Elle est notamment la mère biologique de Carole Kiatazabu Itambo, actuelle ministre provinciale des Hydrocarbures, de l’Entrepreneuriat, du Genre, de la Famille et des Enfants du Kongo Central.
L’annonce de sa disparition a suscité une vague d’hommages au sein de la classe politique, de la société civile et du monde intellectuel. Tous saluent la mémoire d’une femme d’une grande retenue, dotée d’une force de caractère exceptionnelle, qui a su porter dignement le poids d’un nom historique sans jamais en abuser.
Le décès de Marie-Rose Kasa-Vubu laisse un vide immense, non seulement pour sa famille biologique, mais aussi pour tous ceux qui continuent de voir dans la famille Kasa-Vubu un symbole d’intégrité, de probité et de bonne gouvernance. Avec son départ, c’est une page silencieuse mais précieuse de l’histoire congolaise contemporaine qui se tourne.
Jean LUYINDULA