La scène politique de la République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo s’est éteinte ce mercredi 18 mars 2026 à l’âge de 82 ans, au terme d’une longue carrière marquée par un engagement constant au service de l’État et de la vie publique.
Figure emblématique sous le régime de l’ancien président Mobutu Sese Seko, elle s’était imposée comme l’une des rares femmes à occuper des postes de responsabilité dans un univers politique largement dominé par les hommes.
Initiée très tôt à la politique, Catherine Nzuzi wa Mbombo doit en grande partie son engagement à l’influence de son père, Henri Nzuzi. Selon des témoignages, elle a grandi dans un environnement fortement politisé, marqué par les idéaux lumumbistes. Adolescente, elle aurait notamment côtoyé Patrice Lumumba, reçu au domicile familial à Kananga.
Cet héritage politique s’est également forgé dans l’épreuve. La famille Nzuzi a été profondément marquée par l’assassinat d’Emmanuel Nzuzi en 1961, aux côtés d’autres figures proches du mouvement lumumbiste, un événement qui a durablement influencé son parcours.
Au sommet de sa carrière, Catherine Nzuzi wa Mbombo a occupé plusieurs fonctions importantes. Elle fut bourgmestre de la commune de Gombe dès 1967, avant de devenir vice-gouverneure de Kinshasa. En 1972, elle accède au poste de gouverneure de la province du Kongo-Central, confirmant son statut de femme d’État influente.
Au-delà de ses fonctions politiques, elle laisse l’image d’une femme de caractère, déterminée et peu impressionnée par les figures de pouvoir. Mère de six enfants, elle a su conjuguer responsabilités familiales et engagement public, inspirant plusieurs générations de femmes congolaises.
Sa disparition marque la perte d’une pionnière de la participation féminine aux hautes fonctions publiques en RDC. Catherine Nzuzi wa Mbombo restera dans la mémoire collective comme l’une des figures marquantes de l’histoire politique congolaise.
Jean LUYINDULA