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Rebondissement dans l’affaire CFEF : la Coordonnatrice Nationale ai Djena Bassiala débarquée, l’arrêté rapporté



Parfois, l’administration corrige dans la précipitation ce qu’elle a elle-même installé dans l’urgence. À la CFEF, le feuilleton Djena Bassiala illustre parfaitement ce mouvement de balancier : une ascension rapide, suivie d’un retrait tout aussi immédiat. Entre exigences de compétence, pression institutionnelle et impératifs de crédibilité, la décision de rapporter l’arrêté apparaît comme une tentative de rétablir un certain ordre dans la gestion d’une structure aussi névralgique.

Le Ministère des Finances a officiellement notifié l’arrêté n°033/CAB/MIN/FINANCES/2026 du 22 avril 2026, rapportant l’arrêté n°070/CAB/MIN/FINANCES/2025 du 11 octobre 2025. En conséquence, la nomination de Bassiala N’Landu Djema au sein de la Cellule d’Exécution des Financements en faveur des États Fragiles (CFEF) est annulée avec effet immédiat.
Bassiala N’Landu n’aura passé que moins de deux semaines en fonction en tant que Coordonnatrice nationale ai. Les responsabilités qui lui ont été confiées auraient largement dépassé le champ de ses compétences, précipitant ainsi la fin de son passage à la tête de la structure.

En même temps, le dossier de suspension du Coordonnateur national de la CFEF, Alain Lungungu Kisoso, fait l’objet de développements. Dans un mémoire en réponse adressé au Ministère des Finances, ses avocats contestent vigoureusement la légalité de la décision, qu’ils qualifient de « juridiquement caduque »  et entachée de graves irrégularités.

Au cœur de leur argumentaire figure le non-respect du délai légal de cinq jours pour engager une procédure disciplinaire après la suspension prononcée le 13 avril 2026. Selon la défense, aucune action n’ayant été entreprise dans ce délai, la mesure serait devenue automatiquement caduque.

« Une décision juridiquement éteinte ne peut être ressuscitée par une procédure tardive », soutiennent-ils.

Les conseils dénoncent également une procédure qu’ils jugent
irrégulière et arbitraire, estimant que les principes fondamentaux du droit administratif ont été inversés, notamment en imposant à cet haut cadre suspendu de prouver son innocence.

Ils rappellent, à cet effet, les directives émises en Conseil des ministres en octobre 2025, qui exigent notamment : des faits établis et vérifiables,
la charge de la preuve à l’autorité, le respect strict des délais et la garantie des droits de la défense.

Selon eux, ces principes n’auraient pas été respectés dans cette affaire.

Sur le fond, la défense rejette l’ensemble des accusations, évoquant des griefs reposant sur des dénonciations légères et intéressées, sans appui d’audits, ni réserves des institutions de contrôle ou des partenaires techniques.

Autre point soulevé : plusieurs faits reprochés remonteraient à des années antérieures, certains bien avant 2025, sans justification d’une quelconque urgence pouvant motiver une suspension immédiate.

Concernant le déplacement à l’étranger du Coordonnateur National, les avocats avancent un cas de force majeure médicale dûment documenté, excluant toute faute disciplinaire.

Au-delà du cas individuel, la défense alerte sur les implications de cette affaire, notamment : la crédibilité du programme PDL-145T, la confiance des partenaires internationaux, dont la Banque Africaine de Développement ( BAD) et la cohérence de l’action gouvernementale.

Face à ce qu’ils qualifient de vacuité totale des griefs, les avocats d’Alain Lungungu exigent : l’annulation pure et simple de la suspension,
sa réintégration immédiate avec effet rétroactif, ainsi que sa réhabilitation publique.

Affaire à suivre !

GBMM

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