L’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) a formellement interdit toute consommation de la viande de la baleine échouée sur le littoral de Moanda, dans la province du Kongo-Central. Les autorités appellent la population à ne pas s’approcher de la carcasse, qui sera inhumée conformément aux normes sanitaires et environnementales en vigueur.
Selon une source proche de l’ICCN, le cétacé serait mort d’une pathologie dont l’origine n’est pas encore déterminée. « L’animal ne sera ni dépecé ni partagé entre les ménages », a précisé cette source, écartant toute possibilité de récupération de sa viande.
Afin d’assurer une gestion conforme aux exigences sanitaires et environnementales, une parcelle a été réquisitionnée pour accueillir la dépouille de l’animal. Le site sera placé sous la surveillance permanente des éco-gardes et son accès sera strictement interdit à toute personne non autorisée.
Avant cette décision, plusieurs services spécialisés se sont mobilisés pour tenter de remettre la baleine à l’océan. Malgré leurs efforts, l’opération a échoué en raison du poids considérable de l’animal, qui a rendu toute tentative de sauvetage extrêmement difficile.
En République démocratique du Congo, la chasse, la capture et la consommation des baleines sont interdites. Ces mammifères marins figurent parmi les espèces intégralement protégées par la législation nationale en matière de conservation de la nature.
Au-delà de l’interdiction légale, les autorités mettent également en garde contre les risques sanitaires liés à la consommation de viande de baleine. Celle-ci peut contenir des concentrations élevées de mercure ainsi que d’autres polluants dangereux pour la santé humaine. Dans le cas précis de la baleine échouée à Moanda, les risques sont encore plus importants, l’animal pouvant être atteint d’une maladie, être en état de décomposition ou avoir été contaminé.
Ce dénouement contraste avec le succès enregistré en 2025 lors du sauvetage d’une tortue marine échouée sur les côtes de Moanda, une opération qui avait permis de remettre l’animal vivant dans son habitat naturel.
À travers cette décision d’inhumer la baleine et d’interdire toute manipulation de sa carcasse, l’ICCN rappelle l’importance du respect des lois sur la conservation de la nature, de la protection de la biodiversité marine et de la prévention des risques sanitaires pour les populations riveraines.
Jean LUYINDULA