Un recours adressé au Ministre des Finances remet en cause la suspension du coordonnateur de la CFEF, Alain Lungungu Kisoso. Le document dénonce une décision précipitée, fondée sur des accusations sans preuves et en violation des principes fondamentaux du droit.
Un arrêté ministériel vivement contesté
À Kinshasa, la suspension à titre conservatoire du coordonnateur de la CFEF, Alain Lungungu Kisoso, suscite une vive controverse.
Dans un recours formel introduit par ses avocats, la décision du Ministre des Finances est jugée irrégulière tant sur la forme que sur le fond.
Le document évoque notamment une absence de procédure contradictoire, privant l’intéressé de son droit de se défendre, ainsi qu’un manque d’éléments probants justifiant une mesure aussi grave.
Une plainte déjà classée sans suite
Au cœur du dossier figure une plainte pour sabotage présumé du programme PDL-145T et conflit d’intérêts. Or, selon le recours, cette affaire avait déjà été classée sans suite par le Parquet général près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, faute de preuves.
Les avocats dénoncent ainsi une décision administrative basée sur de simples allégations, sans fondement judiciaire établi.
Des accusations de détournement rejetées
Autre grief évoqué : des soupçons de détournement de deniers publics. Là encore, le recours balaie ces accusations, soulignant l’absence totale de faits précis ou de montants incriminés.
Mieux, il met en avant plusieurs audits réalisés par la Cour des comptes et un cabinet indépendant, couvrant les exercices 2022, 2023 et 2024, tous validés sans réserve. Ces rapports attesteraient de la régularité des opérations financières de la CFEF.
Des procédures conformes à la loi
Concernant les marchés publics liés au PDL-145T, le document affirme qu’ils ont tous été attribués dans le strict respect des procédures légales, notamment par appels d’offres internationaux, sous le contrôle des organes compétents.
Les audits de l’Autorité de régulation des marchés publics confirment cette conformité.
Une gestion contractuelle justifiée
Le recours justifie également les contrats liés aux missions de contrôle des travaux, expliquant que leur prolongation résulte des retards imputables aux entreprises exécutantes.
Ces ajustements ont été validés par les instances habilitées et s’inscrivent dans un cadre réglementaire normal.
Des performances revendiquées dans l’exécution du PDL-145T
Au-delà de la contestation juridique, le recours met en avant le bilan opérationnel de la CFEF dans la mise en œuvre du programme PDL-145T.
Au 31 mars 2026, sur les 635 ouvrages prévus, 386, soit 60,8 %, ont déjà été réceptionnés, dont 233 écoles primaires, 116 centres de santé et 37 bâtiments administratifs. Par ailleurs, 92 ouvrages (15 %) sont en phase de finition.
Le document souligne que les retards observés sont liés à des facteurs exogènes, notamment l’enclavement de certaines zones et l’insécurité, indépendants de la gestion de la CFEF.
Un profil expérimenté au cœur de la polémique
Pour rappel, Alain Lungungu Kisoso est un économiste et gestionnaire de projets congolais de haut niveau, fort de plus de 20 ans d’expérience dans la gestion des financements publics et internationaux.
Macro-économètre de formation, il dispose d’une solide expertise en modélisation et analyse économique.
Il a longtemps œuvré dans la mise en œuvre de plusieurs projets financés par des bailleurs de fonds, notamment la Banque africaine de développement (BAD).
Selon ses défenseurs, il n’a jamais fait l’objet d’accusations avérées de mégestion ou de détournement de fonds au cours de sa carrière. Les audits internationaux n’auraient relevé aucune irrégularité à son encontre.
À son actif, plusieurs réalisations d’envergure sont mises en avant, notamment la Zone Économique Spéciale de Maluku, présenté comme un projet structurant dont le pays peut se prévaloir.
Sur le prétendu retard dans la production des rapports d’audit des projets financés par la BAD
Contrairement aux allégations avancées, aucun élément factuel ne permet d’imputer un quelconque retard à Monsieur Alain Lungungu dans la production des rapports d’audit.
En effet, ses avocats indiquent que les correspondances officielles du coordonnateur de la CSPP (n°105 du 13 mars 2026) et de la BAD (n°070 du 26 février 2026), qui font autorité en la matière, recensent les projets en souffrance. Or, aucun projet relevant de la CFEF, gérée par Alain Lungungu, n’y est mentionné.
Mieux encore, l’ensemble des rapports de certification des comptes, produits par des cabinets d’audit indépendants de renommée internationale ainsi que par la Cour des comptes, ont été régulièrement transmis et validés par les bailleurs de fonds, sans la moindre réserve.
Par ailleurs, toutes les diligences requises en matière d’audit, notamment la circularisation des bénéficiaires, ont été rigoureusement respectées.
À ce jour, aucune plainte ni observation défavorable de la BAD n’a été enregistrée à l’encontre de la CFEF. Ces faits établis battent en brèche toute tentative de mise en cause infondée de sa gestion.
Une défense qui dénonce des accusations sans fondement
Les avocats insistent sur le fait qu’aucun des griefs, au demeurant formulés en termes généraux et non précis, n’est fondé. Selon eux, aucune situation de flagrance ne pouvait justifier une mesure conservatoire aussi radicale.
Ils soutiennent en outre qu’aucune des accusations avancées n’est étayée par des preuves vérifiables, dénonçant ainsi une décision arbitraire.
Un appel à l’annulation de la suspension
Au-delà de la défense du coordonnateur, les auteurs du recours disent vouloir préserver l’image de la CFEF et garantir la continuité de l’action publique.
Ils appellent ainsi le Ministre des Finances à reconsidérer sa décision et à rapporter l’arrêté de suspension, jugé infondé et préjudiciable.
Frida MAYALA