Un cas de justice populaire a une nouvelle fois endeuillé Kinzau-Mvuete, cité située sur la route nationale N°1 axe Matadi -Boma dans le territoire de seke-banza. Un homme présenté comme un présumé voleur a été battu à mort par des habitants du quartier Lutete, dans la nuit du mercredi 14 au jeudi 15 janvier 2026, sur fond d’insécurité persistante marquée par la montée du phénomène Kuluna et du banditisme urbain.
Selon les informations recueillies, la victime, identifiée sous le nom d’Ismaël, surnommé « Zéro 2 », âgé d’une trentaine d’années, aurait été surprise en flagrant délit d’effraction dans une maison résidentielle du quartier. Alertée, la population s’est mobilisée et l’a violemment prise à partie, avant de l’abandonner grièvement blessé à proximité du poste de l’escadron mobile de la Police nationale congolaise (PNC) de Seke-Banza, basé à Kinzau-Mvuete.
Le commissaire Alain Bena, commandant de l’unité, indique avoir été informé de la situation aux environs de 3 heures du matin.
« L’officier de garde m’a signalé la présence d’un homme abandonné près de notre poste. Nous l’avons trouvé agonisant et l’avons immédiatement acheminé au centre de santé de référence de Kinzau-Mvuete », a-t-il expliqué.
Malgré une prise en charge en urgence, la victime a succombé à ses blessures une trentaine de minutes après son admission.
Les autorités policières ont fermement condamné cet acte de justice populaire.
« C’est une pratique contraire à la loi que nous dénonçons avec la dernière énergie. La population doit collaborer avec les services de sécurité et éviter de se faire justice elle-même », a martelé le commissaire Bena, appelant au respect des procédures légales.
D’après des sources familiales, Ismaël était conducteur de taxi-moto à Matadi. Elles reconnaissent qu’il se serait récemment adonné à des actes criminels et qu’il aurait déjà été interpellé puis relâché à plusieurs reprises par les services de sécurité.
Ce nouveau cas de lynchage relance le débat sur l’insécurité grandissante à Kinzau-Mvuete et sur la nécessité de renforcer la présence policière, tout en sensibilisant la population aux conséquences dramatiques de la justice populaire.
Jean LUYINDULA